Introduction - Le Comté de Flandre au Moyen Âge - Histoire du comté de Flandre aux cours des siècles - Aspect linguistique de la Belgique et du Nord de la France - La quatrième croisade - Jeanne de Flandres - Le Hareng au Moyen - Age - Philippe Auguste, Roi de France - Isabelle de Hainaut - Constantinople, porte de l'Orient - La bataille de Mons en Pévèle - Louis XI en visite à Seclin - Les Soeurs Augustines Hospitalères à SECLIN - conférence de Madame Sylvia EVRARD

par Monique Vyers
LES CROISADES

Figure 1

Le pape Urbain II arrivant en France
pour prêcher la croisade, miniature
dans le " Roman de Godefroi de Bouillon",
XIVe siècle, B. N., Paris

En ce jour de novembre 1095, le pape Urbain II parle des nouvelles désastreuses pour la chrétienté qui s'étaient répandues dans toute l'Europe à propos de la Terre sainte.
Un célèbre moine prédicateur, Pierre d'Amiens, dit Pierre l'Ermite poussa ce cri « Dieu le veut ! » C'est ainsi que commença la première d'une longue série de guerres, appelées croisades, qui durant deux siècles, devaient opposer la croix du Christ au croissant de l'islam.
L'enthousiasme pour la croisade fut énorme: des dizaines de milliers de personnes, y compris les femmes, les vieillards, les enfants, se déclarèrent prêtes à partir libérer le Saint Sépulcre. La ferveur religieuse fut le moteur principal de cet immense élan. Mais d'autres facteurs alimentaient aussi cet enthousiasme:

Le pape délia serviteurs et vassaux de leur serment de fidélité envers leurs seigneurs durant toute la période de la croisade. C'était une aubaine pour des centaines de petits vassaux, mais encore plus pour des milliers de paysans et de serfs, pour lesquels la croisade était l'occasion inespérée de sortir de leur condition et de devenir riches.
L'indulgence plénière, c'est-à-dire le pardon de tous les péchés qu'ils avaient commis, était en outre accordée aux croisés.
Vers Jérusalem : « la Croisade des Gueux »
Urbain II avait fixé au mois d’août 1096 le départ de la grande expédition. Mais des dizaines de milliers de personnes s’étaient spontanément mises en route avant la date prévue, conduite par Pierre l’Ermite. Dans le même temps, 5000 personnes s’étaient en route en Allemagne munies de très peu d'armes et d'un maigre ravitaillement. Cette "Croisade des Gueux" se transforma en fléau.

Figure 2

Siège de Jérusalem par les croisés


Figure 3

Godefroy de Bouillon partant pour la croisade

Les croisés saccagèrent des villages entiers pour obtenir de la nourriture, menacèrent d'innocents groupes de juifs, qualifiés d'ennemis du Christ. La foule poursuivit sa marche jusqu'à Nicée, une place forte turque. Là quelques escouades d'archers turcs, suffirent à décimer ces malheureux rêveurs. Entre l'été et l'hiver 1096 se mit en marche la gigantesque machine de la première véritable croisade.

 


Elle fut appelée "Croisade des Seigneurs", car aucun roi ne s'y était associé. Mais les chefs de la croisade étaient valeureux et acquirent rapidement un grand prestige : ainsi se distingua le duc Godefroi de Bouillon, le plus vaillant chevalier du groupe. Les discordes ravageaient l'armée croisée : Godefroi commandait... quand on le lui permettait. Les troupes chrétiennes occupèrent Nicée sans grandes difficultés. C'est alors qu'elles durent affronter leur ennemi le plus impitoyable : une marche de 800 kilomètres sous un soleil ardent, dans des régions dépourvues d'eau, alors que les vivres manquaient et que les tribus bédouines les harcelaient sans cesse. Bien plus que les batailles, ces difficultés décimèrent l'expédition.

La Prise de Jérusalem

Les troupes redoublèrent leurs assauts et prirent Antioche en une semaine. L'armée turque, fut vaincue. Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d'Occident, 12 000 soldats du Christ, déguenillés, tombèrent à genoux en pleurant lorsqu'ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la Ville sainte !
Durant quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Le 15 juillet, Godefroi, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de hache, ils atteignirent les portes.

Figure 4

Les croisés à l'assaut de Jérusalem en 1099


Figure 5

Enluminure des templiers

Les croisés atteignirent enfin la basilique édifiée sur le Saint Sépulcre du Christ. Godefroi de Bouillon refusa la couronne, se contentant du titre plus modeste d'avoué, ou défenseur, du Saint Sépulcre du royaume "latin" ainsi conquis. Le royaume de Jérusalem ne disparut qu'en 1291.

Revers militaires avantages économiques : la deuxième croisade (1147-1149)

Ces territoires chrétiens, loin de s'unir face aux Musulmans, s'affrontèrent sans cesse en querelles et en guerres intestines.
Après la première croisade apparurent des ordres monastiques de moines soldats, dont le rôle était d'assister et de protéger les pèlerins et de secourir les croisés blessés durant les batailles. Ce rôle d'assistance devint peu à peu secondaire, par rapport à la participation aux combats.

 

Parmi les ordres, on notera les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, fondés dès 1113, l'ordre des Chevaliers du Temple, créé en 1119, et les Chevaliers Teutoniques, un ordre allemand fondé en 1187.
Le pape ordonna alors de former une nouvelle croisade; elle fut prêchée par Bernard de Clairvaux, à l'assemblée de Vézelay, en Bourgogne, en 1146.
L'expédition fut conduite par le roi de France Louis VII et l'empereur germanique Conrad III. La nouvelle de l'arrivée de renforts musulmans contraignit les chrétiens à lever le camp et à rentrer sans gloire en Europe.
En deux années seulement, le prestige des armées croisées était tombé si bas que l'on pouvait penser que plus personne ne voudrait reprendre les armes.

La "Croisade des Rois" (1189-1192)

Quarante années passèrent, pendant lesquelles Chrétiens et Musulmans vécurent souvent en bon voisinage. En octobre 1187 la prise de Jérusalem entraîna l'appel à la troisième croisade.
Elle fut appelée la "Croisade des Rois" parce qu'à sa tête se trouvaient les souverains les plus prestigieux d'Occident : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France, Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. Resté seul, le roi d'Angleterre signa une trêve avec son valeureux adversaire.
La trêve, hélas ! ne fut signée que pour trois ans...

La "Croisade de Venise"

La quatrième croisade fut inspirée par le pape INNOCENT III , qui mit les souverains chrétiens en demeure de reprendre les armes et de libérer le Saint Sépulcre des mains des infidèles. A la différence de la précédente, ce fut une croisade conduite par de simples chevaliers.
Les croisades se terminèrent par un échec : la Terre Sainte demeura sous le contrôle des musulmans.

LES CROISADES : (sources musulmanes et arméniennes)

Voici la provenance des images:

Figure 1 : http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Crois01.htm
Figures 2 et 4 : http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Byzance.htm
Figure 3 : http://www.herodote.net/10990715.htm
Figure 5 : http://www.esonews.com/templiers/

Fiche rédigée par Monique VYERS le 25 novembre 2004

Dernière actualisation de la page : 15 janvier 2005

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