PROPRETE URBAINE ET "MILICES DU FEU"

Exigées à Paris par Philippe Auguste, les mesures d’hygiène et de sécurité se répandent peu à peu dans les grandes villes du royaume.

Par François Giron

Le roi Philippe Auguste, outre un caractère et un talent exceptionnels, avait, par bonheur pour les parisiens, un nez délicat. Les odeurs que dégageaient les rues de l’île de la Cité autour du palais royal – l’actuel Palais de Justice – le conduisirent à exiger des bourgeois de la ville qu’ils fissent paver les rue s principales de Paris, devenue capital officielle du royaume. Ce qui fut fait à l’aide de solides pavés en grès, tandis que le roi faisait édifier la muraille de 1190 qui porte son nom et qui, avec le château fort du Louvre (dont on visite les puissantes bases sous la cour carrée), mettait la ville à l’abri des surprises.
D’autres villes avaient suivi, voire précédé, le mouvement : Strasbourg, avec des galets rangés, mais aussi Rouen, Dijon, Reims ou Poitiers, entre autres.

Prévenir plutôt que guérir

Certaines cités préféraient prévenir que guérir en matière d’hygiène urbaine. Avignon, par exemple, dont la coutume de 1243 disait : ‘’ Personne ne doit avoir de tuyaux ou gouttières débouchant sur une rue publique par lesquels l’eau pourrait se déverser dans la rue, à l’exception de l’eau de pluie ou de source.’’ Personne, ajoute les texte, ne doit jeter de liquides bouillants, de paille, de rafles de raisin ou d’excréments humains. A Rouen, on crée des décharges publiques ; à Strasbourg (en 1405), à Dijon, quarante ans plus tard, des tombereaux municipaux ramassent les ordures chaque samedi ; les égouts des rues principales sont couverts et les professions particulièrement salissantes (personnel des abattoirs, tanneurs, poissonniers) sont, si possible, reléguées à l’écart, près des cours d’eau.
Un des grands problèmes des villes, construites en grande partie en bois, c’est l’incendie. Les ‘’milices du feu’’, les pompiers d’alors, étaient composées de charpentiers et de maçons, capables d’abattre et de dégager rapidement parois de bois ou colombages afin de priver le feu d’aliments. On multipliait aussi les puits, les fontaines, les canalisations, les aqueducs, et l’on interdisait l’usage du chaume, des bardeaux ou des essentes, ces planchettes de bois dont on faisait alors les toits. Seule la tuile était autorisée. Hélas, bien souvent aucune de ces mesures n’ était respectée.


Représentation de la construction de routes pavées aux portes d'une ville fortifiée, au XV ème siècle

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