LES MOULINS VONT TRES FORT

Le moulin à eau a été l’instrument puissant d’une première ‘’révolution industrielle’’ à partir du XIème siècle. L’énergie hydraulique permettait de mécaniser certaines activités et de multiplier les rendements. Gratuite, l’eau des ruisseaux, des rivières et des fleuves, celle de la mer en certains estuaires favorables (moulins à marées) fournissaient aux moulins, grâce à leur roue à aubes et à leurs engrenages, la force nécessaire pour animer des meules broyeuses, des meules à aiguiser, des presses ou des marteaux-pilons ''de première génération’’. Il pouvait s’en créer partout dès qu’étaient réunis les financements indispensables. Dans les campagnes (moulins banaux des châteaux ou de monastères) et dans les villes (moulins du chapitre des chanoines ou de toute autre ‘’puissance’’) où ils pouvaient être installés à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte, certains étant même fortifiés, comme à Périgueux ou à Barbaste (Lot et Garonne). Les moulins étaient souvent associés aux ponts, par ailleurs volontiers porteurs de maisons fort recherchées. C’était le cas de Paris, où les moulins - bateaux étaient enchaînés aux piles des ponts. Ces petites ‘’usines’’ avaient toutes sortes de fonctions. Grâce au moulin à farine, on écrasait le grain – froment, épeautre, seigle ou méteil (blé et seigle semés et récoltés ensemble) – dont on ferait le pain.
Grâce au moulin à bière – attesté à Montreuil sur Mer dès 1042 et à Evreux dès 1088 -, on broyait l’orge pour obtenir le brai, qui, additionné d’eau, fermentait, donnant la bière.
Le moulin à foulon, lui, avait de nombreux usages. On y pressait, foulait la laine (comme en Dauphiné au milieu du XIème siècle ou en Normandie vers 1086), le feutre, le drap de laine, principales production urbaine (on parlait alors de moulins drapiers), ou encore les cuirs tannés afin de les assouplir.
Mais le moulin à eau avait d’autres emplois moins connus. Le chapitre de la cathédrale d’Amiens possédait, dès 1085, un moulin à battre le fer et la ville de Beauvais un moulin à aiguiser, attesté en 1095.
A la fin du XIIème siècle arrivèrent les moulins à vent, moins puissants et surtout moins réguliers, surtout utilisés en meunerie et en Hollande, plus tard, pour pomper l’eau des polders.
N’oublions pas, dès la fin du XVème siècle, mais surtout au XVIème, ces moulins à papier qui déchiquetaient très finement les tissus de lin pour fournir à l’imprimerie naissante le papier de la réussite.

 

 

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